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Un militant lance des accusations contre Michel Pélieu

Clientéliste, cumulard et arrangements familiaux. Une vidéo d’un membre de la France Insoumise veut « informer » sur Michel Pélieu. Celui-ci répond, preuve à l’appui.

Michel Pélieu
Michel Pélieu a voulu répondre aux attaques publiées dans une vidéo par un membre de la France Insoumise des Hautes-Pyrénées (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).

Reprendre des informations dans un document officiel pour le résumer en onze minutes sans le mettre en perspective, ce n’est pas faire de l’info. Surtout quand on est membre d’un mouvement politique. Le métier de journaliste ne s’invente pas…

Un membre de la France Insoumise des Hautes-Pyrénées a mis en ligne une vidéo, présentée sous la forme d’un « magazine d’informations », pour « dénoncer » les agissements du président du Conseil Départemental, à l’appui d’un rapport de la Chambre Régionale des Comptes daté de janvier 2017. Expliquant que celui-ci n’aurait pas été porté à la connaissance du public ni des élus.

« Le rapport a été rendu public et débattu dans l’assemblée départementale. Ce rapport de la Chambre Régionale des Comptes porte sur l’exercice 2011 à 2014. C’est un contrôle classique. C’est pour cela que le rapport compte aussi les observations de la collectivité », explique Michel Pélieu. Des réponses du Département absentes de l’argumentaire développé dans la vidéo « d’information » du membre de la France Insoumise des Hautes-Pyrénées.

Des approximations nombreuses

Passons sur les nombreuses erreurs relevées dans la présentation du Département : l’absence des six élus de droite sur les 34 conseillers (et non 2 sur 32), les approximations sur les recettes fiscales de la collectivité, sur les compétences du Département, le Wimax et les PPP (signés par Josette Durrieu alors présidente)… Il n’est guère facile de tout savoir quand on ne trouve pas les bonnes infos.

Car les principales attaques concernent deux dossiers : HPTE, dont la directrice est Isabelle Pélieu, et les prétendues « prises illégales d’intérêt » dans un marché de déneigement en montagne. Documents déposés en Préfecture à l’appui, Michel Pélieu est revenu sur ce marché où la société SLTS (propriétée de son fils) a emporté un appel d’offres en 2009 (année où le Département avait comme présidente la conseillère socialiste Josette Durrieu, de 2008 à 2011).

Un conflit d’intérêt dans le Louron ?

« Cette société a été créée par mon fils, et personne de lui en a fait cadeau. La SLTS a répondu à un appel d’offres autour de trois lots pour le déneigement et le déverglaçage de la voirie départementale sur les routes d’accès vers Piau-Engaly, Saint-Lary Pla d’Adet, et Val Louron. Sur les deux premiers lots (Piau et Saint-Lary, NDLR), aucune entreprise n’a répondu. Le lot n°3, seule la société SLTS a répondu. Il s’agit d’un marché de 84 000 euros maximum [sur les 10 millions d’euros de budget annuel du Département pour le déneigement, NDLR]. La SLTS a répondu avec un coût de 54 200 euros, en indiquant qu’elle sous-traiterait le salage à la Régie syndicale d’exploitation des remontées mécaniques, car elle avait le matériel et l’expérience pour le déverglaçage. Cela représente 10 000 euros qui ont été payé directement du Département à la Régie, sans commission pour la SLTS », explique Michel Pélieu. Tout en rajoutant que bien que membre de la Commission d’appel d’offres, il n’était ce jour là pas présent à la réunion ni à la décision prise ce 24 septembre 2009.

Cumulard Michel Pélieu ? C’est aussi ce qui est présenté dans la vidéo du membre de la France Insoumise. « Je revendique d’avoir créé 5 Sociétés d’économie mixte, dont trois sont des employeurs. Peyragudes, c’est 150 salariés durant la saison d’hiver, Balna, c’est 45 personnes qui y travaillent (70 l’été), N’Py c’est 30 salariés. En 31 ans à Peyragudes, 20 ans à Balnéa, 15 ans à N’Py, je n’ai jamais pris un centime d’indemnités de fonction. Jamais on ne m'a payé une note de frais. Ma fierté, c’est d’avoir créé de la valeur dans les Hautes-Pyrénées. »

HPTE coûte-t-elle cher au Département ?

Dans le viseur de cette vidéo « d’informations », HPTE, le bras armé du Conseil Départemental pour le tourisme. Une structure qui coûtera 15 millions d’euros par an aux finances publiques, puis 4 millions un peu plus loin dans la vidéo. En fait, 3 millions d’euros de subventions pour cette « association », qui est une émanation du Conseil Départemental prévu par la loi et le Code du Tourisme. Une structure qui a pour vocation première de développer une stratégie touristique pour les Hautes-Pyrénées, alors que le tourisme pèse 1 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en Bigorre (montagne, plaine et Lourdes réunis).

« Lors du Rapport réalisé par la Chambre Régionale des Comptes, la subvention était de 3,5 millions d’euros par an. Elle baisse depuis que Michel Pélieu a été élu président. Elle est de 3 millions d’euros, et elle baissera encore de 5% cette année », explique sa directrice Isabelle Pélieu.

Une directrice recrutée en 2006 par Henri Forgues, alors conseiller général PS et président de Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement (HPTE), sur un statut de fonctionnaire obtenu sur concours après des études de droit. « On a une feuille de route très détaillée, très claire. ET on ne s’égare pas d’un millimètre de ce projet décidé en assemblée générale. Tous les rapports annuels sont détaillés et à disposition du public.»

Un salaire prohibitif ? « J’ai été recruté il y a 13 ans sur la base salariale du statut. Aujourd’hui, mon salaire est inférieur de 30% à celui des autres directeurs de structures identiques ».

Inutile HPTE ? « En dix ans, le chiffre d’affaires de la Boutique [la centrale de réservations mis à disposition des professionnels du tourisme du territoire, NDLR] a été multiplié par 4, le rayonnement des Hautes-Pyrénées dans la presse nationale par neuf. On est passé de 800 000 à 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et on est la première centrale de réservation départementale de France. Ce résultat, c’est le travail d’u collectif, d’une équipe », ajoute Isabelle Pélieu.

Il y a-t-il conflit d’intérêt entre Michel (le père) et Isabelle (la fille) ? « Je suis devenu président d’honneur de HPTE en devenant président du Conseil Départemental en 2011. J’ai démissionné de ce poste qui n’était qu’honorifique et n’avait pas de pouvoir ».

Le soutien de La France Insoumise au vidéaste

La France Insoumise Hautes-Pyrénées
Les membres de la France Insoumise soutiennent la publication de cette vidéo (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).

Deux jours avant la conférence de presse de Michel Pélieu, les membres de la France Insoumise des Hautes-Pyrénées étaient réunis dans leur local à Tarbes pour dénoncer une « intimidation et des pressions inacceptables » suite à la diffusion de cette vidéo à l’encontre de son auteur, expliquant que « on ne vise pas une personne mais des pratiques politiques qui mettent à jour le clientélisme érigé en système. Les membres de la France Insoumise soutiennent leur camarade sans la moindre réserve, d’autant qu’il exerce tout simplement son droit de citoyen. »

En réponse, Michel Pélieu explique que «toutes les allégations développées par ce monsieur sont fausses et mensongères. Je suis en mesure de démonter, point par point, toutes ces accusations diffamatoires, calomnieuses, qui ne visent qu’à me discréditer et à discréditer la classe politique en général. Je ne m’interdis pas d’engager une procédure en diffamation, même si le mépris reste à un certain moment la meilleure réponse.»

Pyrénéesinfo à Tarbes, Eric BENTAHAR.

Note de la rédaction : Nul doute que les campagnes électorales locales sont lancées dans la politique locale. Et qu’elles auront besoin de journalistes professionnels, qui – bien qu’ils seront décriés par les partis politiques et leurs militants locaux- resteront les seuls à apporter information et contradiction sur des sujets qu’ils connaissent pour les suivre depuis plusieurs années.

Tag(s) : #65 Hautes-Pyrénées, #65 Tarbes & Agglo
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